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Le Guen rompt le silence

Rédigé Le 29 mai 2009, 14h45 par Loic

Le Guen rompt le silence Après l’annonce de son éviction, le 5 mai dernier, Paul Le Guen avait fait savoir qu’il se réservait le droit de s’exprimer sur ce qui s’était réellement passé cette saison. L’entraîneur du PSG, qui dirigera son dernier match au Parc des Princes, demain contre Monaco, après deux années et demie tumultueuses au sein du club parisien, a reçu L’Équipe, mercredi. Ses propos sont clairs, parfois durs, et d’importance.

Vous avez eu le verbe plutôt rare à Paris. Pourquoi parler aujourd’hui ?
Je n’aime pas parler pour parler. Là, beaucoup de choses ont été dites ou écrites, même si j’ai pris beaucoup de distance. Les gens me considèrent sûrement comme quelqu’un de sérieux, un peu austère parfois, mais, mine de rien, je ne me prends pas trop au sérieux.

Votre silence ne vous a-t-il pas piégé ?
J’ai peut-être un peu exagéré. J’aurais sûrement dû faire un point tous les six mois pour donner du grain à moudre... En se taisant, il y a le risque de passer un peu pour quelqu’un sans caractère. Mais l’envie de gagner ne se mesure pas au nombre de colères en direct.

Paradoxalement, cette saison semble avoir été plus dure que la précédente oú le PSG se battait pour ne pas descendre...
Non, j’ai mieux vécu celle-ci. Le classement donne quand même un certain confort.

Pourtant, dès octobre dernier, on évoquait l’arrivée de Didier Deschamps. Une défaite à Nancy (1-1, le 5 octobre, 8e j.) aurait pu vous coûter votre place.
Je n’ai jamais ressenti ce couperet. J’ai lu à la une de votre journal : « Deschamps près du PSG ». Je respecte la presse, mais rien ne vaut les choses que l’on vit en interne. Peut être qu’en perdant un match, j’aurais sauté, mais je sentais que les choses allaient s’améliorer, que je tenais le truc.

Vous n’entreteniez pas de bonnes relations avec Charles Villeneuve ?
Nous sommes partis d’une relation de défiance. Lui avait du entendre beaucoup de mal de moi, et moi, un petit peu sur lui. Progressivement, les choses se sont arrangées. Il m’a vu travailler, et je l’ai vu intervenir devant le groupe. À la fin, il y avait un vrai respect.

« Je ne mesurais pas à quel point l’incompétence et la médiocrité d’Alain Roche allaient me pénaliser »

Avec Alain Cayzac, voire avec Sébastien Bazin, vous ne vous entendiez pas bien non plus.
C’est faux. Avec Cayzac, c’était courtois. Ensuite, tout est lié à son départ. J’étais un salarié du club. On m’a demandé de rester. Je ne lui reproche pas ses critiques ensuite (sur son manque d’ouverture vers l’extérieur, notamment), mais forcément la relation s’est altérée.

Et avec Sébastien Bazin ?
J’ai toujours eu une relation courtoise mais sans affection. Avec mes présidents, je me montre respectueux, mais je fais toujours valoir mes convictions. Il ne faut pas me chatouiller sur mes équipes, par exemple, quelle que soit la façon dont on a recruté les joueurs.

Justement, vous ne semblez pas avoir eu beaucoup de prise sur le recrutement, cette saison.
C’est faux. Je me suis battu pour Hoarau et Sessegnon. J’ai initié leur venue. Pour Claude Makelele, contrairement à ce qui a été dit, j’étais preneur pour un an ou deux. Je n’ai jamais été opposé à sa venue, un tel joueur ne se refuse pas. En revanche, je n’ai pas compris pourquoi on lui proposait quatre ans de contrat, et je l’ai dit. Et ça s’est transformé en : « Il n’en veut pas ».

Parce que vous aviez peur ?
(Il s’agace.) Mais peur de quoi ? Je ne suis pas là pour protéger ma place. Et si j’avais voulu la protéger, comme il était en relation avec Sébastien Bazin, j’aurais dit plutôt bravo, quelle que soit la durée. Sauf qu’il était de mon devoir de faire valoir ce que je pensais. Mais je savais qu’en exprimant un certain scepticisme sur les quatre ans de contrat, cela ne me rendrait pas populaire auprès de certains.

Claude Makelele aussi le savait ?
On lui a menti. On lui a dit que je ne le voulais pas. C’est faux, et je veux qu’il sache aussi que je suis d’accord avec lui sur tous ses propos. Il a dit que nous avions une relation respectueuse et cordiale. Je suis d’accord. Il m’a toujours rendu la confiance que je lui ai accordée, il me relayait parfaitement dans le vestiaire car nous nous connaissons depuis longtemps. Je l’ai désigné capitaine, nos discussions en tête à tête étaient franches. Ensuite, il a dit que je n’étais pas le meilleur entraîneur qu’il ait connu. Il a raison. Et il a rajouté aussi qu’il n’était pas le meilleur joueur que j’ai entraîné. Il a raison aussi. Enfin, il a dit qu’il fallait nettoyer le club...

De ses saletés...
Je n’emploie pas ces mots-là, mais il y a effectivement au club des rentes de situation.

Donc, le seul joueur dont vous ne vouliez pas, c’est Mateja Kezman ?
Un jour, Alain Roche (responsable de la cellule de recrutement) m’appelle d’Istanbul oú il discute le transfert de Kezman, à la demande de Villeneuve. Nous n’en avions jamais parlé. Alors, oui, je lui ai dit : « Je n’en veux pas. » Je n’avais rien contre le joueur, mais on ne l’avait pas suivi de près, il n’était pas sur nos listes. Et je n’acceptais pas cette façon de faire.

Était-ce la première fois qu’Alain Roche se comportait ainsi ?
Alain, je connaissais sa personnalité. Je savais que je ne pourrais pas compter sur lui pour m’aider à défendre au mieux les intérêts sportifs du club. Il cherche constamment à faire allégeance avec l’autorité, mais je ne mesurais pas à quel point son incompétence et sa médiocrité allaient me pénaliser. J’en ai eu la confirmation ce jour-là. Et dans dix ans, quinze ans, il continuera encore à faire allégeance, qu’il soit ou pas en activité... Moi, je ne conçois pas le travail ainsi.

Mais en refusant Kezman, vous vous compliquiez un peu plus la vie...
J’ai répété à Bazin et à Villeneuve que ma priorité était Jimmy Briand, mais j’ai aussi commencé à comprendre que rien n’y ferait. Alors quand il a signé, je ne pouvais pas dire autre chose que : « J’en prends note. » Je savais que je me mettais en difficulté, que cela déboucherait sur ce qui se passe aujourd’hui, mais j’ai fait valoir mes convictions. Là oú ça se complique, c’est qu’on a dit à Kezman que je le voulais. Et forcément, ça rend la position de l’entraîneur impossible. Malgré tout, j’ai tenté de l’intégrer en mettant mon orgueil de côté. Après, ses performances n’étaient pas à la hauteur. Mais j’ai été réglo. Parce que j’ai dit les choses en temps et en heure à chacun. Kezman, lui, a été victime de la situation au départ. Ensuite, il est parfois allé trop loin dans les mots à mon égard, voire dans les gestes. Mais nous avons eu des explications d’homme à homme.

Après son jet de maillot, il aurait été facile de vous en séparer.
Le club souhaitait l’exclure jusqu’à la fin de saison. J’ai refusé, il n’était pas tenable d’entraîner un joueur qui n’aurait jamais la possibilité de jouer. Sa valeur marchande aurait encore diminué, et cela n’aurait pas aidé le groupe.

« On a menti à Makelele en lui disant que je ne le voulais pas »

Ce directeur de la communication, Bruno Skropeta, était-il un autre ennemi ?
Mais je n’ai pas d’ennemis. Bruno Skropeta, on ne sait pas s’il est directeur de la communication ou attaché de presse de certains joueurs. En tout cas, il n’est pas le directeur de la communication du club. Le jour oú un président fort ou un directeur fort lui dira ce qu’on attend de lui, les choses seront plus claires.

A-t-il nui à votre travail ?
Honnêtement, je ne m’en préoccupe pas. Je ne veux pas de règlement de comptes.

N’avez-vous pas été naïf devant l’évolution de la situation ?
J’ai beaucoup de défauts mais je ne suis pas naïf. J’ai compris, dès l’été dernier, qu’un désaccord était inéluctable. On m’a obligé à avaler quelques couleuvres. Je l’ai fait vraiment pour le PSG, car j’aime suffisamment ce club pour avoir cette pugnacité.

Vous saviez que votre contrat ne serait pas prolongé ?
Je savais que les conditions pour rester n’étaient pas réunies... (Il s’interrompt.) J’aurais adoré faire dix ans au PSG, c’est mon club. J’y ai connu des émotions fortes, la grande période Denisot... J’ai vécu cela comme un vrai privilège. En revenant, j’ai aussi initié le centre d’entraînement. Je me suis inscrit dans une perspective à moyen et long terme, même si je n’avais qu’un contrat de deux ans et demi. Aujourd’hui, il y a un outil de travail qui correspond aux besoins. Moi, j’ai voulu faire avancer le club et protéger ses intérêts, même si cela a été parfois compliqué parce que les dirigeants d’ici n’ont pas l’expérience d’un Aulas par exemple.

En parlant d’Aulas, on s’attendait peut-être à ce que vous reproduisiez le scénario de Lyon en partant de vous même.
Je ne suis pas parti de Lyon parce que nous ne nous entendions plus. Je suis parti parce que c’était le bon moment, en harmonie, et je ne l’ai jamais regretté. Ce n’est d’ailleurs pas facile, je m’en suis aperçu depuis, d’obtenir cette harmonie. À Paris, nous étions en désaccord sur des points fondamentaux, sur des hommes, des façons de voir, notamment dans la gestion du club et sa façon d’évoluer, sur les moyens de recrutement. Aujourd’hui, il faut redonner un coup d’accélérateur. Ils disent qu’ils en ont les moyens, tant mieux.

À aucun moment, vous n’avez eu l’espoir de rester ?
On rêve toujours d’un possible renversement de tendance, mais je ne suis pas fou... Et quand je suis allé dîner avec le président (le 3 mai, après la défaite contre Rennes au Parc, 0-1), on a eu une discussion un peu rude. Mais ça ne me choque pas, je déplore seulement le moment choisi. J’aurais voulu qu’on me laisse travailler jusqu’au bout, qu’on puisse défendre au maximum nos chances. On le fera encore samedi (contre Monaco), on a une finale formidable à jouer au Parc. J’espère de tout cœur cette place européenne.

Depuis l’annonce de votre départ, le vestiaire a-t-il éclaté ?
Mais, ce n’est pas lié à moi. N’importe quel entraîneur aurait été désarmé en pareille situation. Le moment de l’annonce de mon départ était totalement inopportun. Mais c’est moins embêtant que de dire au vestiaire « S’il y a des problèmes, voyez Claude (Makelele). » C’est une erreur. On peut me coller pas mal de choses sur le dos, mais j’ai une conscience professionnelle. J’aurai jusqu’au bout assumé, reçu les doléances et transmis.

« Aucun joueur n’est venu dans mon bureau me dire : “Ce que vous faites, c’est de la merde” »

Votre vestiaire vous a-t-il lâché ?
Non. Dans un vestiaire, il y a toujours des pros et des antis, ceux qui jouent et ceux qui ne jouent pas. L’essentiel est d’exercer une autorité forte, d’être respecté au-delà d’être aimé. J’ai le sentiment de l’avoir été. Il y a eu des rapports parfois durs, mais ils sont restés normaux et n’ont jamais été étalés sur la place publique. Et aucun n’est venu dans mon bureau me dire : “Ce que vous faites, c’est de la merde”.

Vous ne semblez plus être un entraîneur à la mode...
Un jour, j’ai dit que je ne ferai pas ce métier pendant vingt ans, peut-être que les circonstances m’amèneront à arrêter. Si j’avais voulu accumuler les titres, je serais resté à Lyon. Ici, mon bilan est positif. On m’a demandé de sauver le club de la relégation, et de le remonter dans les premières places du Championnat, on l’a fait. Il y a une Coupe de la Ligue, une finale de Coupe de France, un quart de finale de Coupe d’Europe. Après, on peut toujours discuter...

Êtes-vous fier de votre carrière ?
Mais ce que j’ai fait, ce n’est pas rien. Il y a eu Rennes, Lyon, les Rangers, Paris. Deux ans et demi à Paris... Il faut de la consistance. À Glasgow, j’aurais pu rester plus longtemps. Mais là, j’ai fait une ou deux erreurs. Peut-être même que j’ai eu, là-bas, je le concède, un peu la grosse tête, enfin disons un peu de suffisance. Il y avait eu ces trois titres de champion avec Lyon, et j’avais des certitudes. Je me suis dit : « Allez, on va remettre tout cela dans l’ordre très vite. » J’aurais dû agir plus en douceur, me montrer patient, parce que ça valait le coup. Et je ne l’ai sûrement pas été suffisamment, parce que c’était aussi ma première expérience à l’étranger.

Pourriez-vous revenir un jour à Paris ?
Je ne me pose pas la question, mais ici, je ne suis pas détesté. Ce n’est pas la première fois que je tourne une page, je sais les tourner. C’est dur de quitter Paris, bien sûr. On ne part pas le cœur léger, mais je ne veux pas me plaindre. Je suis déjà formidablement content d’avoir fait deux ans et demi. J’aimerai toujours Paris. Alain Cayzac disait que c’était un critère pour entraîner le PSG. J’ai au moins celui-là... (Il sourit.)

Source : L'Equipe

Le Guen
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